L’IA générative est devenue un vrai couteau suisse pour les formateurs et les organismes de formation. Mais si tu veux l’utiliser sans te griller (erreurs, données, approximations), tu as besoin de repères simples… et de réflexes professionnels.
Je te propose ici 4 repères pour bien l’intégrer, avec 3 améliorations clés :
- des gains de temps chiffrés (réalistes)
- une grille “interdit / autorisé / sous conditions” sur les données
- une conclusion avec un next step concret (pas juste une belle phrase)
1) Comprendre ce que fait vraiment une IA conversationnelle (et ce qu’elle ne fait pas)
Une IA conversationnelle ne “sait” pas : elle génère. Elle peut produire des réponses impeccables… ou inventer une information en restant très convaincante.
Ta posture gagnante : tu l’utilises comme assistant de production, pas comme source d’autorité.
Exemples concrets (différents de la vidéo)
- Varier tes consignes : “Réécris cette consigne d’exercice en 3 versions : ultra-simple, motivante, et ‘contrat clair’ (avec critères de réussite).”
- Trouver des exemples métier : “Donne-moi 6 exemples de situations où l’écoute active change la relation client, pour un public de techniciens itinérants.”
- Produire une mini-FAQ : “Liste 10 questions que des participants posent souvent sur ce thème + propose des réponses courtes en langage simple.”
👉 Règle d’or : si tu ne peux pas vérifier (ou si le sujet est critique), tu ne publies pas tel quel.
2) Bénéfices, limites, dangers : la grille de décision “terrain”
Ce que l’IA t’apporte vraiment (quand tu la pilotes bien)
- Gain de temps sur la préparation et la production
- Variété (formats, formulations, activités)
- Différenciation (selon niveau, métier, contexte)
Ce qu’elle ne fera pas pour toi
- Comprendre les contraintes réelles du groupe (culture interne, tension sociale, maturité, jargon maison)
- Remplacer ton intention pédagogique
Le danger principal
- Produire vite… et faux (ou inadapté)
Des gains de temps réalistes (avec relecture)
Voici des ordres de grandeur qu’on observe souvent quand tu maîtrises un minimum tes prompts et que tu relis sérieusement :
- Trame de séance 1h (objectif + séquence + timings + consignes) : de 60–90 min à 20–35 min
- Quiz de 10 questions (avec corrections + variantes) : de 45–60 min à 10–20 min
- Réécriture d’un support (simplifier, rendre plus dynamique, clarifier) : de 2 h à 45–75 min
- Création de 3 scénarios de mise en situation : de 60 min à 15–25 min
⚠️ Condition non négociable : relecture + adaptation + validation sur les points sensibles.
3) Utiliser l’IA de façon éthique : la règle “interdit / autorisé / sous conditions”
C’est ici que beaucoup d’organismes de formation se mettent en risque (sans s’en rendre compte). Le principe est simple : tu protèges les données et tu gardes la maîtrise.
Interdit (tu ne mets jamais ça dans une IA)
- Données personnelles identifiables : noms complets, emails, numéros, signatures, coordonnées
- Verbatims d’évaluation pouvant identifier quelqu’un (“le manager X de l’équipe Y…”)
- Documents internes client : procédures, supports confidentiels, rapports, incidents
- Cas RH sensibles ou conflits reconnaissables
Autorisé (sans stress, si tu restes générique)
- Objectifs pédagogiques, plans de séance, idées d’activités
- Exemples fictifs, personas inventés, scénarios “neutres”
- Reformulations, synthèses de tes propres notes non sensibles
- Checklists, grilles d’observation, quiz (après validation)
Sous conditions (possible, mais avec méthode)
- Contenu interne anonymisé (Entreprise A, site B, produit C) + suppression des éléments “reconnaissables”
- Extraits techniques / réglementaires : tu demandes à l’IA une mise en forme, mais tu valides le fond via tes sources
- Données “semi-sensibles” (retours de terrain) : uniquement si elles ne permettent pas d’identifier une personne ou une situation
👉 Réflexe pro : si tu hésites 2 secondes, tu considères que c’est sous conditions et tu anonymises (ou tu n’utilises pas).
4) Nouvelles pratiques pédagogiques : l’IA comme accélérateur, pas comme pilote
L’IA est intéressante quand elle t’aide à augmenter ta palette pédagogique, pas à “faire le cours” à ta place.
A) Créer rapidement des variantes d’activités
Tu peux demander :
“Propose 3 activités de 12 minutes pour faire pratiquer la reformulation, sans matériel, avec consigne + déroulé + débrief.”
Résultat : tu choisis, tu ajustes au contexte, tu testes.
B) Produire des supports de consolidation ultra-ciblés
Après un module, tu peux générer :
- une checklist de mise en pratique
- une fiche “3 erreurs fréquentes + comment les éviter”
- un mini-quiz “réactivation” à envoyer 48h après
C) Renforcer tes débriefs (et donc l’ancrage)
Tu demandes :
“Donne-moi 10 questions de débrief de plus en plus profondes : ressenti → faits → analyse → transfert au poste.”
Ça te donne une progression, et toi tu sélectionnes celles qui collent au niveau du groupe.
D) Améliorer la qualité des feedbacks
Tu peux produire des feedbacks mieux structurés :
“À partir de ces critères, propose un feedback ‘factuel + impact + piste + engagement’ en 3 styles : neutre, coaching, très encourageant.”
Conclusion : ton prochain pas concret (simple et efficace)
Cette semaine, ne cherche pas à “tout faire avec l’IA”. Choisis un seul usage, teste-le, et rends-le robuste.
👉 Défi 30 minutes :
- Prends un module que tu animes souvent.
- Demande à l’IA une checklist de préparation (12 points) + une checklist d’animation (12 points).
- Relis et adapte avec ton style.
- Utilise-la sur ta prochaine session et note ce que ça t’a fait gagner (temps, confort, qualité).